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Actualités

##actualités — 07 janvier 2019

Quels sont les comportements et attentes des médecins vis-à-vis de l’information médicale ?

Les médecins n’ont jamais reçu autant d’informations médicales, en temps réel et proposées par un florilège d’acteurs : presse professionnelle, sociétés savantes, laboratoires pharmaceutiques, médias grand public et réseaux sociaux, dont également les patients se font le relais.

Dans ce contexte de surabondance de l’offre et de sur sollicitation des médecins, la FNIM (Fédération nationale de l’information médicale) a mené une étude sur l’impact de l’information médicale sur la pratique des médecins et ses conséquences sur l’évolution des pratiques professionnelles, avec le soutien du SPEPS (Syndicat de la Presse et de l’Édition des Professions de Santé) et mise en œuvre par BVA.

Les femmes appétentes au digital

200 médecins généraliste ont été sollicités, complété par une enquête qualitative en ligne auprès de 12 médecins. L’étude révèle que les nouveaux usages sont avant tout l’apanage des femmes, majoritaires chez les médecins de moins 45 ans.

Pour 44 % des femmes interrogées, les principales sources d’information dans le cadre de leur pratique professionnelle sont les sites internet des autorités de santé, suivis de la base VIDAL et des autres bases de données. Les sites internet spécialisés en santé et les sites internet réservés aux professionnels de santé (autres que ceux des laboratoires) sont troisièmes (31 % des femmes interrogées). L’information par visite médicale en face à face n’est citée que par 19 % des femmes, un résultat à l’opposé des répondants masculins qui eux, la plébiscitent encore à 48 %.

« Je vois de moins en moins de délégués médicaux… Je privilégie les congrès et les formations proposées sur les lieux où j’interviens, les informations et formations accessibles par internet » témoigne une jeune médecin généraliste de 39 ans.

Les jeunes dessinent un système de santé plus collaboratif

Lorsqu’on interroge les médecins sur l’émetteur d’informations médicales qui influence le plus leur pratique, les moins de 45 ans sont 44 % à déclarer : « un confrère »,  alors que les plus de 55 ans sont 52 % à citer « un laboratoire pharmaceutique ». La tranche intermédiaire des 45 à 54 ans sont 43 % à choisir « une société savante », suivie d’un » média d’information médicale sur support digital » (41 %) et un « laboratoire pharmaceutique » (35 %).

Les jeunes, internes et médecins installés, cherchent à réduire leur prise de risque en se reposant principalement sur les “guidelines”. Ils sont cependant avides de partage d’expérience insufflant de facto plus de coopération et d’interprofessionnalité comme en témoigne l’engouement pour l’exercice regroupé en maison ou centre de santé.

Industrie pharmaceutique : une relation ambigüe

A la fois citée comme premier émetteur d’informations sur l’innovation médicale et source importante pour faire évoluer la pratique professionnelle, tant par les généralistes (25 %) que par les spécialistes (21 %), les médecins entretiennent une relation ambigüe avec l’industrie pharmaceutique.

Décriée pour la surinformation commerciale qu’elle délivre (notamment sans intérêt pour le patient), l’industrie pharmaceutique apparaît cependant comme la plus légitime pour parler d’innovation thérapeutique et soutenir les actions de formation. Interrogés sur la dernière innovation médicale dont ils ont entendu parler, les médecins citent l’industrie pharmaceutique comme premier émetteur (23 % des interrogés). Ce sentiment est encore plus accentué chez les spécialistes, puisque 45 % d’entre eux la cite comme source d’information médicale leur ayant permis de faire évoluer leur pratique professionnelle. Suivent les sociétés savantes citée par 32 % des interrogés.

C’est certainement en réinventant la visite médicale que les laboratoires changeront durablement leur image.

Source : FNIM (Fédération nationale de l’information médicale) : la perception de l'information médicale chez les médecins

Rédigé par Rémy Teston, e-Buzz santé

 

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