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#e-santé — 07 juin 2017

Le placenta artificiel : nouvel espoir pour les prématurés extrêmes ?

Le placenta artificiel : nouvel espoir pour les prématurés extrêmes ?

C’est une première. Des agneaux grands prématurés ont été placés durant un mois dans un placenta artificiel. Cette expérience leur a permis de poursuivre leur développement dans un environnement physiologique proche de celui d’un utérus de brebis. L’équipe de l’Hôpital pour enfants de Philadelphie, à l’initiative de cette expérience, aimerait à terme que le dispositif soit déployé pour l’homme. Objectif : améliorer les chances de survie et la santé des prématurés extrêmes.  

Un mois dans un utérus artificiel

L’équipe américaine semble avoir relevé son pari avec brio. L’agneau grand prématuré placé dans une poche en plastique pendant quatre semaines a pu poursuivre son développement ex-utero. Et ce, a priori, sans séquelles.

Comment ? Le fœtus de l’animal a été placé à l’intérieur d’un appareil nommé BioBag rempli d’une solution imitant le placenta naturel. Il était ainsi maintenu dans un milieu liquide lui apportant les nutriments nécessaires et permettant à ses poumons de poursuivre leur développement. Un circuit a été prévu pour la régénération du sang, la circulation étant pour sa part assurée par le cœur de l’agneau. Quant au cordon ombilical, il servait d’interface vasculaire. 

Cet ingénieux dispositif n’était pas une première tentative mais il a été le seul à s’être révélé fructueux. Il présente ainsi des avancées certaines avec un atout majeur : selon les déclarations de l’équipe, l’agneau ne présenterait aucune séquelle. Notons cependant que cette expérience n’a été testée qu’en condition de césarienne et qu’une naissance par voies naturelles exposerait à d’autres risques. Enfin, les effets à long terme ne sont pas encore connus.

Nouvelles perspectives pour les grands prématurés

Les perspectives restent pourtant prometteuses, notamment en vue d’une application sur les prématurés extrêmes (un fœtus de moins de 23 semaines de développement). Ces derniers ont aujourd’hui des chances de survie infimes, pouvant atteindre des niveaux de mortalité de 90%. Il en est de même pour le risque de séquelles importantes.

Or, selon les résultats des chercheurs américains, publiés dans la revue Nature Communications, ce dispositif pourrait faire baisser le taux de mortalité de 90% à 10% et le risque de séquelles de 90% à 30%. Prometteur donc ! Mais des limites importantes demeurent. Certaines menaces sont encore difficiles à mesurer, comme l’hémorragie cérébrale qui touche de nombreux prématurés. À ce stade de formation, le développement du cerveau est bien plus avancé chez le mouton que chez l’homme. Impossible donc de savoir comment ce dernier pourrait réagir. 

En théorie, l’expérience pourrait être testée sur l’homme dans quelques années. Mais de nombreux obstacles sont encore à lever, tant sur le plan technique que sur le plan éthique et légal. Affaire à suivre…

Sources
http://www.lemonde.fr/sciences/article/2017/04/25/un-uterus-artificiel-pour-grands-prematures-teste-chez-le-mouton_5117316_1650684.html
https://www.science-et-vie.com/video/premiere-mondiale-des-agneaux-se-sont-developpes-dans-un-placenta-artificiel-en-video-8353
https://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/0212023747784-un-uterus-artificiel-teste-sur-des-agneaux-2083536.php
http://www.francetvinfo.fr/sante/sciences-des-agneaux-prematures-grandissent-dans-un-uterus-artificiel_2166524.html

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